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lundi, 26 novembre 2007
Etudiants 1.0
Petite histoire (vraie) pour ceux qui négligent trop souvent de prendre en compte que nos utilisateurs de niveau 1 (voire au-delà), ceux qui ont débarqué en septembre, pour la plupart , n'y entravent que couic en matière de recherche documentaire. Le contexte, n'est-ce pas. En tout cas ici, dans mon petit coin de Belgique. Le contexte, que trop souvent on oublie. Nos "djeunes" n'ont pas appris lors de leurs humanités à manipuler des outils de recherche, on ne leur a même pas appris ce que c'est, les plus chanceux (façon de parler) ont pu s'amuser sur des PC (traduire sur des moteurs de recherche - ah ah, la belle affaire), dirigés par des profs qui eux-mêmes n'y entravent que couic - je veux dire que la "recherche documentaire" est un métier, rechercher de l'information, c'est autre chose. Bon, cela dit, voici l'histoire promise. Nos BAC1, donc, suivent au premier quadri un cours de méthodologie qui, justement, a pour objectif de les confronter au moins un peu aux réalités du travail universitaire (et donc, aussi, à la recherche documentaire). Notre bibliothèque organise des formations à quelques outils, ceux de base, une chose à la fois, n'est-ce pas. Catalogue. Bases de données bibliographiques. Pas obligatoires, ces formations, mais fortement conseillées par certains professeurs. Ils suivent un cours académique donc, et ensuite des TP. Histoire de se frotter au terrain. Il leur est demandé, par exemple, d'établir une bibliographie mêlant articles et ouvrages. Et ensuite de les trouver ces articles, ces ouvrages. Je vous le donne en mille: pour les articles, ils débarquent par centaines (oui, ESPO est en volume-étudiants la plus grosse faculté de l'UCL) et se jettent avidement sur les revues (papier) et les feuillettent par dizaine de volumes, à la recherche de ces fameux articles... Ils retournent carrément les rayons de l'aile des périodiques. Un volume après l'autre. En fonction du titre de la revue, je suppose. Un chantier. Ont-ils suivi nos formations? Je ne sais pas. Si oui, c'est triste (pour nous aussi). Sinon, ben c'est triste itou. Alors qu'on ne vienne pas me dire que, sous prétexte qu'ils manipulent comme des bêtes trois PlayStation à la fois ou deux Wii dans chaque main (?) ou qu'ils passent leurs nuits à se facebooker et à s'MSNer, nos jeunes étudiants sont des as en matière de TIC ou de "recherche d'information". Pour certains (combien? sont-ils représentatifs?), on est encore bien loin de pouvoir espérer les former si facilement à l'auto-apprentissage et à l’aptitude à la recherche autonome du savoir (cf. ce billet de B. Rentier). Mais il faut y croire, allez. Y a du boulot.
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Commentaires
Depuis plusieurs années j'enseigne l'introduction à l'information scientifique et technique aux étudiants en 2e année et en année spéciale de la filière documentaire (GIDO) du département InfoCom de l'IUT de l'Université de Nancy 2, et je passe pas mal de temps avec eux en salle PC à surfer, naviguer et chercher dans l'univers de l'IST. Mon expérience: ils connaissent les fonctionnalités de base de Google mais peu ou rien des fonctionnalités de recherche avancées. Ils ne connaissent ni Google Scholar, ni Exalead, ni Scirus. Seulement les meilleurs sont capables de faire la différence entre moteur de recherche, catalogue, site éditeur et portail. Quant aux archives institutionnelles ou thématiques, ils découvrent... Idem pour les outils du Web2.0. Il y a donc beaucoup de travail à faire, beaucoup de pédagogie, d'explication, d'expérimentation aussi. Mais admettons aussi que notre paysage des bibliothèques numériques est tout autre que facile à comprendre et à explorer et qu'il ne correspond pas vraiment à la facilité globale et habituelle d'une recherche sur Internet.
Ecrit par : Joachim Schöpfel | mardi, 27 novembre 2007
Les situations que vous décrivez rejoignent mon expérience de bibliothécaire à la Bpi, mais soyons un peu provocateurs : sommes-nous sûrs que les professionnels de l'information chargés de l'accueil des étudiants, et des usagers en général, maîtrisent mieux les ressources de la Toile que ces derniers? La question est rarement posée en ces termes, et pourtant elle n'est pas incongrue. L'accompagnement individuel de l'usager, sans lequel il n'est pas de formation documentaire véritable, est-il au coeur de nos pratiques et de nos organisations?
Ecrit par : chourrot | mardi, 27 novembre 2007